Sous le chaud soleil d’août, les herbes folles des lisières regorgent de semences sauvages. Telles des fleurs nouvelles, une volée éclatante de d’oiseaux bariolés becquette les graines molles. Déluré et jamais tranquille, le chardonneret est fort apprécié pour l’agrément de son plumage là où sa face rouge, ses ailes noires barrées de jaune le font ressembler aux couleurs de notre drapeau. De plus, son chant agréable et son caractère frivole étaient fort recherchés des oiseleurs de jadis. Même si on l’enfermait dans une cage, il était sacré pour les tendeurs et on ne le tuait jamais. Le chardonneret ne fréquente pas volontiers notre pays de Liège, bien qu’on l’aperçoive de temps en temps dans nos prairies, nos parcs et nos jardins. Le bec fin du chardonneret est un outil remarquable pour égrener facilement les graines les plus petites qui constituent sa nourriture. Il ingurgite ainsi les graines de chardon, de séneçon, de chicorée et d’oseille. C’est pour cela qu’il fréquente beaucoup les jachères, les friches et les terrains vagues (ou les éboulis) Dans les potagers, il vient marauder les salades montées en semences. Le nid du chardonneret est un vrai petit chef d’œuvre, ajusté avec des tiges de graminées séchées et des radicelles, il est tissé avec des toiles d’araignée, des petits flocons de peuplier, des mousses, de la laine et quelques plumes. Après l’ élevage des jeunes, les chardonnerets se rassemblent et vagabondent à travers les campagnes. Au mois d’octobre, ils se hâtent vers le sud de la France et de l’ Espagne pour se protéger de l’hiver mais ils reviennent ici au printemps pour notre plus grand bonheur